La levure (Saccharomyces cerevisiae) utilisée comme additif dans l’alimentation des bovins en parc d’engraissement

M.S. Williams1, O. AlZahal2, I.B. Mandell1, B.W. McBride1, G.B. Penner3, M. Steele1, and K.M. Wood1
1 Department of Animal Biosciences, University of Guelph, Guelph, ON
2 AlZahal Innovation & Nutrition, Kitchener, ON
3 College of Agriculture and Bioresources, University of Saskatoon, Saskatoon, ON
mwilli20@uoguelph.ca


Récipiendaire de la bourse d’études de l’ANAC


Les additifs alimentaires sont d’origines diverses et leur utilisation dans l'industrie de la production animale a augmenté au cours des trois dernières décennies en raison de leurs impacts positifs sur la santé et la performance des animaux. Compte tenu de l'évolution des demandes des consommateurs et des préoccupations liées à la résistance aux antimicrobiens, le législateur a limité l'accès aux antimicrobiens dans l'alimentation animale au Canada depuis décembre 2018. Cette situation a stimulé davantage l'intérêt pour d'autres additifs alimentaires permettant d'améliorer la croissance, la santé et l'efficacité des animaux. La levure est un additif alimentaire naturel disponible en de nombreuses formes, souches et doses pour la production du bétail; cependant, la majorité des travaux portant sur la supplémentation en levure Saccharomyces cerevisiae chez le bétail ont été réalisés chez les bovins laitiers. Bien que des modes d'action aient été proposés, celui qui présente un intérêt particulier pour les bovins en parc d'engraissement est l’aptitude à stabiliser le pH ruminal. On suppose que S. cerevisiae aide à réduire l'accumulation de lactate dans le rumen en favorisant la production de bactéries utilisant l'acide lactique, ce qui se traduit par une augmentation du pH du rumen (Chaucheyras-Durand et al., 2008). Chez les bovins en parc d'engraissement, la fin de la phase de finition est celle qui présente le plus grand risque d'acidose ruminale et d'abcès hépatiques subséquents, ainsi que de mauvaises performances animales (Nagaraja et Chengappa, 1998; Castillo-Lopez et al., 2014). Des recherches ont été menées sur des bovins en parc d'engraissement en fin de finition qui ont reçu S. cerevisiae (60 milliards d'unités formant colonie; YST) dans leur alimentation ou non (CON) afin de comparer la performance de croissance, les caractéristiques de carcasse et les indicateurs de santé du rumen (Williams et al., 2021). Les résultats de cette expérience suggèrent que le traitement YST a diminué l'ingestion de matière sèche de 31 % (P < 0,001) et a amélioré l'indice de consommation (P < 0,001), sans conséquence sur les caractéristiques de carcasse ni la santé du rumen (P ≥ 0,07). Bien que dans cet essai l'efficacité alimentaire ait été améliorée, les mécanismes d'action de la levure chez les bovins de boucherie demeurent incertains. Notre futur programme de recherche vise à améliorer la compréhension des modes d'action de la levure utilisée comme agent microbien directement dans les rations de finition riches en grain des bovins en parc d’engraissement pour améliorer les performances et la santé des animaux.